Pour moi c’est vraiment très joyeux cette cour. C’est marrant parce que c’est exactement comme ça que je l’ai imaginée depuis le début. Quand je suis arrivée dans cette résidence je me suis dit « ah, cette cour, ça peut vraiment être ça ! ». Et en fait je crois que le confinement nous a aidé à la faire devenir ce que j’imaginais. C’est vraiment devenu un lieu collectif où on partage où on se rencontre, ce qui n’était pas le cas avant le confinement.

L’endroit que je préfère dans la cour c’est le potager. C’est un endroit où je passe beaucoup de temps. J’adore m’en occuper, planter des nouveaux trucs. J’aime couper ce qui dépasse, enlever les mauvaises herbes, couper les gourmands sur les tomates. C’est vraiment mon endroit préféré. Même quand je descends dans la cour prendre un petit café, je me mets à côté de mes tomates.

J’adore la cour en ce moment parce que c’est vraiment l’endroit où je vais retrouver mes copains. Y a un truc de pause : on travaille, on travaille, on travaille et tout d’un coup on va dehors, on arrive au potager, y a du soleil… Je regarde comment poussent les plantes, je discute. Je suis informée de tout ce qui se passe dans le monde : parce que moi j’écoute rien, j’écoute pas la radio, j’ai pas envie de savoir. Et du coup là j’ai les informations importantes qui sont filtrées. C’est comme si j’étais tout d’un coup en contact avec le monde !

Ce qui me manque, c’est la solitude, d’avoir des grandes journées où je suis toute seule, comme une petite pause. Et la nature, la grande nature ! J’ai envie de me promener en forêt, j’ai envie de voir la montagne, j’ai envie de pouvoir marcher sans jamais m’arrêter. Ça ça me manque.  En même temps si j’étais pas avec ma famille ils me manqueraient 10 fois plus.

J’ai fait une chorale avec les voisins. Ça c’était super ! Tout d’un coup les voisins avaient envie de bruit, de son, de musique. Peut-être parce qu’il y avait moins de bruit dehors ? Et ça c’était extraordinaire. Parce que c’est vrai que cette cour on n’a jamais osé tellement l’occuper avec de la musique. On avait toujours peur de déranger les voisins. Et là tout d’un coup on nous demande de faire des concerts, on nous demande de chanter. On chante tous les soirs ensemble et les gens de la chorale sont tristes si on ne le fait pas ! Je ne sais pas quand est-ce qu’on va arrêter ; ça se trouve on arrêtera jamais ! on va chanter tous les soirs, toujours !

Sophie L, 39 ans, confinée avec Laurent et leur fille Camille.

[NDLR : A ce jour, le 21 mai, la chorale continue tous les soirs]