Cette cour pour moi elle est peu particulière car elle très liée au règlement de copropriété. Il se trouve qu’elle est sur le parking et sur une dalle dont on souhaite faire refaire l’étanchéité. C’est un lieu qui devrait être bientôt en travaux. Pour l’instant elle est assez dégradée.

Ce que j’aime dans cette cour c’est d’avoir réussi, à force de travail, à fleurir quelques espaces et à faire un potager avec l’aide de quelques habitants, notamment Sophie. J’essaye toujours de faire pousser un petit peu de végétation, je sème des graines, dans cet espace un petit peu abimé par le temps.

En ce moment je descends dans la cour principalement pour offrir des espaces de liberté à mes enfants. Qu’ils puissent sortir, se défouler, jouer. Je descends aussi pour rejoindre un petit groupe d’amies, on peut dire ça maintenant, quelques motivées pour faire du sport le matin à 8h30. Ça c’est un moment où je descends sans les enfants, un moment pour moi.

La cour c’est le lieu de la convivialité qu’on ne peut avoir à l’extérieur.  Ici il n’y a pas les flics qui passent et donc c’est un endroit où on n’a pas le sentiment d’être « surveillés ». C’est quand même agréable de pouvoir avoir des rencontres sans se demander si on va être interpellé, si on va avoir des problèmes d’attestation.

En même temps c’est compliqué car il faut garder les distances nécessaires par rapport au COVID 19. Mais pour moi c’est tout à fait gérable. C’est beaucoup plus compliqué en ce qui concerne mes enfants, apprendre à un enfant de 2 ans notamment de ne pas toucher les jouets des petits camarades, de ne pas approcher de trop près les autres enfants alors que normalement c’est l’inverse qu’on a tendance à leur enseigner, c’est compliqué !

Je ne me sens plutôt pas trop mal. J’ai mes enfants chez moi, mon mec qui est parfois speed, on essaye de se partager les taches équitablement entre la cuisine, s’occuper des enfants, le ménage. On a la chance en ce moment d’être l’un et l’autre sans activité, donc on est quand même très privilégiés. J’essaie d’appliquer les gestes barrière et les distances de sécurité même à l’extérieur, par principe de précaution, parce qu’il y a des gens qui peuvent être malades sans le savoir, ça peut être anxiogène. Mais de manière générale moi je me sens plutôt bien.

Ce qui m’a manqué principalement, c’est d’annuler certains projets qu’on avait, de chouettes moments manqués : on devait partir à Prague pour les vacances de Pâques avec mon mec et ma grande fille. Il y avait aussi la fête de lutte ouvrière qui était prévue pour début juin. Voilà, ce sont des regrets par rapport à des évènements, plus qu’un manque quotidien de quelque chose.

Je n’ai rien fait d’inhabituel pendant ce confinement, c’est dommage parce que j’aurais voulu en profiter pour faire des choses : on nous a dit que ça allait être long et ennuyeux mais en fait avec les enfants je n’ai pas une seconde et tous les trucs que je m’étais dit que je ferai en début de confinement à savoir apprendre à ma fille à faire des iles flottantes, lire un livre, regarder l’intégrale de je ne sais quel réalisateur, et bien j’ai absolument pas eu le temps de les faire. Je n’ai pas eu le temps de me mettre dans des projets personnels, parce que les journées vont à une vitesse grand V et que finalement les jours se suivent, se ressemblent. D’ailleurs ça c’est plutôt habituel, ça ressemble plutôt à mon quotidien de manière générale.

Elisa, 42 ans, confinée avec sa famille proche, son mari et ses 3 enfants de 2 ans, 5 ans et 8 ans.